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Ultracrépidarianisme : j’ai appris un nouveau mot

Ultracrépidarianisme : j’ai appris un nouveau mot

J’adore apprendre un nouveau mot. Surtout quand, dans son étymologie, rien ne permet d’en deviner le sens. C’est ce que j’ai vécu aujourd’hui avec le mot ultracrépidarianisme. Histoire d’un mot à l’origine ancienne, follement d’actualité.

 

Ultracrépidarianisme : ce drôle de mot, qu’il faut relire au moins deux fois pour le prononcer correctement, désigne le comportement de ceux qui donnent leur avis sur des sujets auxquels ils ne connaissent rien. C’est ainsi que depuis la crise sanitaire, la France s’est découvert des millions d’épidémiologistes et autant de virologues !

 

C’est à Pline l’Ancien que l’on doit l’origine de ce mot. Pas question ici d’un cours de latin, mais plutôt d’une leçon de modestie. À l’époque, au Ier siècle après Jésus-Christ, Pline l’Ancien, naturaliste qui s’intéressait beaucoup à la grammaire et à la rhétorique, aimait également l’art, notamment les œuvres du peintre grec Apelle (IVe siècle avant J.-C.), dont il rapporte une anecdote. En effet, en plus d’un joli coup de pinceau, Apelle avait le sens de la répartie. C’est lui, qui lança à un cordonnier qui critiquait son art : "sutor, ne supra crepidam", qui signifie : "cordonnier pas plus haut que la chaussure".

Avec le récit de cet épisode, Pline l’Ancien popularisa cette locution latine, qui donna en français l’ultracrépidarianisme.

 

Et comme un bonheur ne vient jamais seul, je vous offre un autre mot rare, tout autant d’actualité : l’ipsedixitisme, qui désigne le fait de croire en une affirmation infondée parce qu’on a confiance en celui qui l’affirme.

 

Ces mots aux origines très anciennes sont devenus furieusement modernes avec les réseaux sociaux. Et vous, connaissez-vous beaucoup d’ultracrépidariens ?

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