Le subjonctif, ça décoiffe !

À ceux qui sont en délicatesse avec l'imparfait du subjonctif et le passé simple de l'indicatif, je suggère la lecture du truculent et facétieux 

Bar du subjonctif  d'Alain Bouissière.

 

Impertinent, provocateur et volontairement grivois, ce petit livre fait l'éloge de ces deux temps avec un humour gaulois tout en contraste avec ces conjugaisons, parfois aussi précieuses que ridicules.

 

Ci-dessous quelques savoureux extraits  :

 

 ----- Alain Bouissière rapporte une lettre qui illustre une des raisons de la désaffection de l'imparfait du subjonctif et du passé simple (p.26)

 

Monsieur, je viens de découvrir votre intérêt pour l'imparfait du subjonctif. Je vous signale que j'ai dû abandonner cet usage le jour où, voulant dire :

 

"Certes, vous pourriez le faire, mais pour que je le reçoive, il aurait fallu le concevoir."

 

Mon vis-à-vis se précipitant plutôt que réfléchissant :

"Certes vous les pûtes, mais pour que je le reçusse, encore eût-il fallu que vous le conçussiez."

 

Avouez que ce n'est pas convenable.

Bien à vous.

 

----- Autre savoureux emploi

"Je l'ai dit un jour à Léon-Pierre Quint, lui-même homosexuel sans que je le susse."

 

----- Phrase, d'un trait de plume au passé simple

Vous vous annonçâtes, vous vîntes, nous conversâmes, et, sur l'oreiller, nous nous plûmes !

----- Poème attribué à Alphonse Allais ou à Georges Courteline (la paternité de ces vers n'est pas certaine), destiné à démontrer qu'au-dessus de toutes les règles de grammaire, il y en a une qu'il faut observer avant tout, c'est le goût.

Il faut maintenir l'imparfait du subjonctif, mais il ne faut pas en abuser.  (lisez ce poème jusqu'à la fin, à voix haute : le subjonctif imparfait est parfait pour rire aux éclats.)

 

Oui, dès l'instant que je vous vis,

Beauté féroce, vous me plûtes.

De l'amour qu'en vos yeux je pris,

Sur-le-champ vous vous aperçûtes.

Mais de quel air froid vous reçûtes,

Tous les aveux que je vous fis.

Combien de soupirs je perdis

Et quel profond dédain vous eûtes

Pour les présents que je vous fis.

Même un jour, je vous écrivis

Un billet tendre que vous lûtes

Et je ne sais comment vous pûtes

Voir de sang-froid ce que j'y mis.

Ah ! Fallait-il que je vous visse

Fallait-il que vous me plussiez,

Qu'ingénument je vous le disse,

Qu'avec orgueil, vous vous tussiez !

Fallait-il que je vous aimasse,

Que vous me désespérassiez

En qu'en vain je m'opiniâtrasse

Et que je vous idolâtrasse,

Pour que vous m'assassinassiez !



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